Mélisse : bienfaits, doses et contre-indications
Deux indications reconnues, le stress et le sommeil d'un côté, la digestion de l'autre. La dose exacte en tisane et le profil de sécurité le plus sûr de l'herbier.
Par Antoine Roussel Publié le 14 septembre 2026 Mis à jour le 6 septembre 2026 11 min de lecture N° 011
L’essentiel
La mélisse est reconnue en Europe pour deux usages traditionnels : le soulagement des symptômes légers de stress mental et l’aide au sommeil, et le traitement symptomatique des troubles digestifs légers, ballonnements et flatulences compris. C’est l’une des rares plantes à couvrir les deux sphères, ce qui correspond à un usage populaire ancien. En infusion : 1,5 à 4,5 g de feuilles coupées dans 150 ml d’eau bouillante, une à trois fois par jour. Usage non recommandé avant 12 ans, et consultation si les symptômes durent plus de 2 semaines.
Ce que couvre cette fiche
- Quels sont ses bienfaits
- Les deux indications reconnues
- Quel goût a la mélisse ?
- La tisane, dose exacte
- Peut-on en boire tous les jours ?
- Inconvénients et contre-indications
- Mélisse ou citronnelle
- Mélisse et thyroïde
- L’eau de mélisse des Carmes
- Mélisse et bouton de fièvre
- Au jardin, une plante envahissante
- Choisir des feuilles
- Questions fréquentes
La mélisse a une particularité qui la distingue de la plupart des plantes de cet herbier : ses deux usages reconnus couvrent deux sphères différentes, le nerveux et le digestif. Ce n’est pas un hasard, c’est exactement ce que la tradition en dit depuis le Moyen Âge, et le régulateur européen a fini par valider les deux.
Quels sont les bienfaits de la mélisse ?
Melissa officinalis est une Lamiacée, cousine de la menthe, de la lavande et du thym. Ses feuilles gaufrées dégagent une odeur citronnée franche quand on les froisse, ce qui lui vaut le nom de mélisse citronnelle.
Son nom vient du grec melissa, l’abeille : la plante est une mellifère remarquable, et les apiculteurs en frottaient traditionnellement l’intérieur des ruches pour y fixer les essaims.
Ses composés actifs sont des acides phénoliques, dont l’acide rosmarinique, des flavonoïdes et une petite quantité d’huile essentielle riche en citral et citronellal. C’est cette huile essentielle, présente en très faible proportion, qui donne l’odeur, mais l’activité de la plante ne s’y résume pas.
Les deux indications reconnues
La monographie du Comité des médicaments à base de plantes retient deux usages, tous deux au titre de l’usage traditionnel.
Première indication : produit à base de plantes d’usage traditionnel pour le soulagement des symptômes légers de stress mental et pour favoriser le sommeil.
Seconde indication : produit à base de plantes d’usage traditionnel pour le traitement symptomatique des troubles gastro-intestinaux légers, ballonnements et flatulences inclus.
Notez que la colonne « usage médical bien établi » reste vide. La mélisse est donc dans la même catégorie que la lavande, un cran en dessous de la valériane, qui a obtenu le niveau supérieur pour les troubles du sommeil.
C’est une distinction utile quand on hésite entre les deux : la valériane a des données cliniques, la mélisse a une tradition longue et un profil très sûr. Elles ne se valent pas en niveau de preuve, mais la mélisse est nettement plus agréable à boire, ce qui compte quand une cure dure plusieurs semaines.

Quel goût a la mélisse ?
La question revient souvent, et pour une raison pratique : beaucoup de gens confondent l’odeur, très citronnée, avec le goût, qui l’est nettement moins.
En infusion, la mélisse donne une boisson douce, légèrement citronnée et très peu amère, avec une pointe fraîche presque mentholée en fin de bouche. C’est l’une des tisanes les plus faciles à boire, à l’opposé de la valériane, dont l’odeur de racine séchée décourage la plupart des gens.
Un détail change beaucoup le résultat : la mélisse fraîche donne une infusion nettement plus parfumée que la mélisse séchée, qui perd une partie de ses composés volatils. Si vous en avez au jardin, une poignée de feuilles fraîches froissées vaut mieux qu’un sachet.
La tisane, dose exacte
La monographie chiffre chaque préparation, pour l’adolescent de plus de 12 ans, l’adulte et la personne âgée.
- Infusion : 1,5 à 4,5 g de feuilles coupées dans 150 ml d’eau bouillante, 1 à 3 fois par jour.
- Poudre de plante : 0,19 à 0,55 g, 2 à 3 fois par jour.
- Extrait liquide : 2 à 4 ml, 1 à 3 fois par jour.
- Teinture : 2 à 6 ml, 1 à 3 fois par jour.
Pour l’aide au sommeil, la logique est celle d’une prise en soirée. Pour le confort digestif, après les repas.
La durée est encadrée : si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines pendant l’utilisation, il faut consulter.
Est-il possible de boire de la mélisse tous les jours ?
Oui pour le plaisir, avec la même nuance que pour toutes les plantes de cet herbier : boire une tisane agréable chaque soir n’a pas de limite de durée connue, traiter un symptôme qui dure en a une.
Le profil de sécurité est très favorable. La monographie ne rapporte aucune interaction médicamenteuse, et la seule contre-indication est l’hypersensibilité à la plante.
Le repère des 2 semaines ne dit pas que la mélisse devient dangereuse au quinzième jour. Il dit qu’un stress ou une insomnie qui résistent deux semaines méritent qu’on en cherche la cause, plutôt que de la couvrir avec une tisane.
Quels sont les inconvénients de la mélisse ?
Ils sont peu nombreux, et c’est l’un des arguments de cette plante.
- Contre-indication : hypersensibilité à la substance active. C’est tout.
- Avant 12 ans : usage non recommandé, faute de données suffisantes.
- Interactions : aucune rapportée.
- Grossesse et allaitement : sécurité non établie, usage non recommandé, comme pour la quasi-totalité des plantes médicinales.
- Teintures et extraits alcooliques : l’étiquetage relatif à l’éthanol est obligatoire, ce qui concerne les personnes qui l’évitent.
Une remarque de bon sens sur l’indication sommeil : une plante qui favorise l’endormissement peut, chez certaines personnes, prolonger une somnolence au réveil. Observez votre propre réaction sur quelques jours avant d’en faire une habitude si vous conduisez tôt le matin.
Mélisse ou citronnelle : deux plantes différentes
La confusion est fréquente, entretenue par le surnom de mélisse citronnelle.
La mélisse est Melissa officinalis, une Lamiacée européenne à feuilles larges et gaufrées, celle dont il est question ici.
La citronnelle désigne le plus souvent Cymbopogon citratus, une graminée tropicale à longues feuilles rubanées, utilisée en cuisine asiatique et distillée en huile essentielle. Rien à voir botaniquement, ni en usage.
Pour compliquer, le mot citronnelle sert aussi localement à désigner la verveine citronnelle, Aloysia citrodora, encore une autre plante. En cas de doute, le nom latin reste le seul repère fiable.
Mélisse et thyroïde
Une réserve circule sur les forums à propos de la mélisse et de la thyroïde. Voici ce qu’on peut en dire honnêtement.
Des travaux anciens, menés en laboratoire et chez l’animal, ont décrit une interférence d’extraits de mélisse avec la stimulation de la thyroïde. Ces observations n’ont pas été confirmées chez l’humain aux doses d’usage, et le régulateur européen n’a retenu aucune mise en garde à ce titre dans sa monographie.
Ce qui est raisonnable : ne pas s’inquiéter d’une tisane occasionnelle, et poser la question à son médecin si l’on suit un traitement thyroïdien et que l’on envisage une consommation quotidienne et prolongée. C’est le même réflexe que pour n’importe quelle plante prise au long cours sous traitement.

L’eau de mélisse, quatre siècles de pharmacie
La mélisse a une particularité qu’aucune autre plante de cet herbier ne partage : elle a donné son nom à une préparation pharmaceutique vendue sans interruption depuis le dix-septième siècle.
L’eau de mélisse est un alcoolat composé, élaboré à l’origine par des religieux carmes à Paris, associant la mélisse à un mélange d’épices et de zestes. Elle figure dans les pharmacopées depuis des générations et se trouve encore aujourd’hui en officine, avec un usage traditionnel digestif et tonique.
Deux points valent d’être connus. Ce n’est pas de la mélisse seule mais une formule complexe, donc les doses de la monographie ne s’y appliquent pas telles quelles. Et c’est un alcoolat, très concentré en alcool, ce qui la rend inadaptée à l’enfant, à la femme enceinte et à toute personne évitant l’éthanol.
Cette longévité dit quelque chose d’utile sur la plante : quand un usage traverse quatre siècles sans que rien ne vienne le contredire, c’est exactement ce que le régulateur appelle un usage traditionnel de longue date, et c’est sur ce fondement que repose la reconnaissance européenne.
Mélisse et bouton de fièvre
Une recherche revient régulièrement, celle de la mélisse en crème contre l’herpès labial, et elle mérite une réponse nette.
Des travaux ont porté sur des préparations cutanées à base d’extrait de mélisse appliquées sur les lésions d’herpès labial, avec des résultats jugés encourageants sur la durée des poussées, et de telles crèmes sont commercialisées.
Mais cet usage ne figure pas dans la monographie européenne, qui ne couvre que la voie orale et deux indications : le stress léger avec l’aide au sommeil, et les troubles digestifs légers. Aucune indication cutanée n’est reconnue pour la mélisse.
Autrement dit, il existe une piste documentée dans la littérature qui n’a pas franchi le seuil réglementaire. Si vous essayez une crème de ce type, sachez que vous sortez du cadre validé, et qu’un bouton de fièvre récidivant ou étendu relève de toute façon d’un avis médical.
Au jardin, une plante qui prend ses aises
La mélisse est l’une des rares plantes médicinales que l’on peut cultiver sans effort presque partout en France, et c’est une bonne nouvelle pour qui veut de la feuille fraîche.
Elle pousse en sol ordinaire, supporte la mi-ombre, résiste au froid et se ressème seule. Ce dernier point est aussi son défaut : elle devient rapidement envahissante et s’installe dans tout le massif. La contenir dans un grand pot est une précaution que beaucoup de jardiniers regrettent de ne pas avoir prise.
La récolte se fait avant la floraison, moment où la teneur en composés aromatiques est la plus élevée. Le séchage doit être rapide et à l’ombre : une mélisse séchée trop lentement brunit et perd son parfum, ce qui est le principal défaut des feuilles du commerce.
Comment choisir des feuilles de mélisse
| À vérifier | Ce que vous devez lire |
|---|---|
| Nom botanique | Melissa officinalis. Ni Cymbopogon, ni Aloysia. |
| Partie utilisée | La feuille. Une part importante de tiges indique une récolte peu soignée. |
| Couleur | Vert franc. Des feuilles brunies signalent un séchage trop lent ou un stock ancien. |
| Odeur | Citronnée et nette. Sans odeur, la mélisse n’a plus grand intérêt. |
| Poids par tasse | 1,5 à 4,5 g pour 150 ml, soit souvent deux sachets industriels plutôt qu’un. |
Deux tisanes de mélisse
Ni test ni classement. Critère unique : de la mélisse seule, et non un mélange du soir. Les assemblages sortent du périmètre d’une monographie qui porte sur une substance unique, et ils rendent impossible de savoir quelle quantité de mélisse vous prenez réellement.

Origine indiquée
Origeens Tisane de mélisse bio 100 g
Feuilles séchées seules, origine précisée. Le format de 100 g correspond à plusieurs semaines à la dose de la monographie, ce qui est le bon ordre de grandeur pour une plante dont l’effet s’installe.
- Forme Feuille séchée
- Poids 100 g
- Certification Bio

Vrac, pour peser
Feuilles de mélisse bio en vrac
Le vrac permet de peser la dose plutôt que de s’en remettre à un sachet dosé par le fabricant. C’est le seul moyen de se situer par rapport aux grammages du texte européen.
- Forme Vrac
- Plante Mélisse seule
- Certification Bio
Questions fréquentes
Quels sont les bienfaits de la mélisse ?
Deux usages sont reconnus en Europe au titre de l’usage traditionnel : le soulagement des symptômes légers de stress mental et l’aide au sommeil, et le traitement symptomatique des troubles digestifs légers dont les ballonnements et les flatulences. C’est l’une des rares plantes à couvrir à la fois la sphère nerveuse et la sphère digestive.
Quel goût a la mélisse en tisane ?
Douce, légèrement citronnée, très peu amère, avec une pointe fraîche en fin de bouche. C’est l’une des tisanes les plus faciles à boire, ce qui compte pour une cure de plusieurs semaines. La mélisse fraîche est nettement plus parfumée que la séchée.
Quelles sont les contre-indications de la tisane de mélisse ?
Une seule : l’hypersensibilité à la plante. L’usage n’est pas recommandé avant 12 ans faute de données, ni pendant la grossesse et l’allaitement. Aucune interaction médicamenteuse n’est rapportée, ce qui en fait l’une des plantes au profil le plus sûr de cet herbier.
Peut-on en boire tous les jours ?
Pour le plaisir, oui. Pour traiter un symptôme, la monographie fixe un repère à 2 semaines : au-delà, il faut consulter. Ce n’est pas une limite de toxicité mais un garde-fou, un stress ou une insomnie qui résistent deux semaines méritant d’être explorés.
Mélisse ou valériane pour dormir ?
La valériane bénéficie d’un usage médical bien établi pour les troubles du sommeil, donc d’un niveau de preuve supérieur. La mélisse reste en usage traditionnel. Et la camomille, que tout le monde cite pour dormir, n’a en réalité aucune indication sur le sommeil : c’est l’une des surprises de son dossier. En contrepartie, la mélisse est bien plus agréable à boire et son profil de sécurité est excellent, ce qui compte pour une cure longue.
Mélisse et citronnelle, est-ce la même plante ?
Non. La mélisse est Melissa officinalis, une Lamiacée européenne. La citronnelle désigne le plus souvent Cymbopogon citratus, une graminée tropicale de la cuisine asiatique, et parfois la verveine citronnelle, Aloysia citrodora. Trois plantes distinctes que le surnom de mélisse citronnelle brouille.
Sources
- Comité des médicaments à base de plantes (HMPC), Community herbal monograph on Melissa officinalis L., folium. Agence européenne des médicaments.
- Pharmacopée européenne, monographie Melissae folium.